IMPORTANCE DE CE TROISIÈME VOYAGE
lumière et tout don parfait. Colomb entrevoyait bien plus qu’il ne disait.
Mais déjà telle était l’importance de ce troisième voyage, qu’il ne restait plus de grande découverte possible. Le Messager de la Croix ne laissait que bien peu à faire pour les générations suivantes. Grâce à lui , le Monde entier était désormais ouvert à T investigation de l’homme. Depuis trois siècles, personne n’a découvert dans les lois de la Nature rien de si large, de si profond, de si fondamental pour la science. Depuis trois siècles , nul n’a rapporté d’aucun voyage autant d’acquisitions intellectuelles.
Il est à remarquer que la Relation de Colomb sur son troisième voyage, tant commentée et critiquée par une certaine coterie, n’était point un Rapport élaboré tranquillement dans le silence du cabinet 5 mais une véritable improvisation de plume. Elle avait été rédigée en mer. L’Amiral , alité dans sa cabine, l’avait dictée à l’un de ses deux secrétaires, Diego de Alvarado ou Rernard de Ibarra. Ce document porte le caractère de l’improvisation sous l’abondance de la pensée. L’érudition condensée de Colomb y serait remarquée ‘ si le savoir ne disparaissait tout à fait devant la grandeur de la synthèse, l’immensité des vues , la profondeur des révélations , les aspects nouveaux offerts à la réflexion de ses contemporains. Ce document contient des preuves intrinsèques de sa rédaction pendant la traversée de la Marguerite à 1 lie Espagnole.
1 Dans cette dictée Colomb cite, par occasion et sans songer à l'érudition dont il fait preuve : les Saintes Écritures, l’Histoire romaine, Ptolémée, Strabon, saint Ambroise, Bede, saint Isidore, Scott, Nicolas de Lyra, Averrobès, Aristote, Sénèque, le cardinal Pierre d’Ailly, saint Augustin, le livre d’Esdras, François de Mairones, etc.