‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 261 sur 444 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

L’Amiral envoie prier les rebelles de ne pas persister dans leur révolte. — Porras loin de s’amender excite sa bande à s’emparer de la personne de l’Amiral. — La coterie de Séville. — L’Adelantado avec les officiers et les malades viennent à la rencontre des insurgés. — Derniers efforts pour éviter une collision sanglante. — Don Barthélemy tue les trois plus violents adversaires et fait prisonnier François de Porras. — Les rebelles font leur soumission. — Deux caravelles viennent enfin tirer de leur exil l’Amiral et ses équipages. — Difficultés de la traversée de la Jamaïque à l’Espagnole. — Réception de Colomb à Saint-Domingue.

Déplaisirs de son séjour auprès d’Ovando. — Son retour en Espagne. —

Tempêtes successives, dangers et avaries supportés par son navire. — Il arrive providentiellement secouru à San Lucar de Barrameda.

Quand à leur réveil les équipages ne virent plus le brigantin, ils crurent avoir fait un songe. Les circonstances de cette arrivée et de ce départ nocturnes, l’attitude de réserve et le mutisme des canotiers, semblèrent aux officiers , réunis sur le pont , chose suspecte et de mauvais augure. Ce message, apporté par un traître, un ennemi notoire, avait une signification menaçante. Ils jugèrent que le gouverneur ne voulait point les sauver, à cause de son inimitié contre l’Amiral. Pour les tranquilliser, Colomb affecta lui-même une entière satisfaction, et expliqua ce départ subit par le désir d’amener plus promptement des caravelles.

Au fond, Ovando n’avait envoyé le traître Escobar que pour voir si l’Amiral pourrait, avec ses propres res-

Page 1