‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 262 sur 444 · DÉMARCHES DE COLOMB AUPRÈS DES REBELLES · texte numérisé non relu

DÉMARCHES DE COLOMB AUPRÈS DES REBELLES

sources, jamais sortir de ce lieu. On en eut la preuve Mais l’intérêt qu’excitait cette infortune et les chaleureuses protestations des religieux Franciscains l’obligèrent à ne pas contrarier les efforts de Diego Mendez pour secourir les naufragés, et à paraître enfin vouloir les sauver lui-même.

I Dans ses sentiments de paternité adoptive, l’Amiral souffrait de voir une partie de ses marins follement séparés de lui. Il les considérait comme des enfants égarés.

II espérait, par l’annonce d’un prochain retour en Castille, les ramener au devoir, et épargner ainsi aux Indiens les dommages que les rebelles leur causaient incessamment. Il leur offrit l’amnistie pleine et entière, à cette condition qu’ils rentreraient aux caravelles sans plus tarder. Alin de leur prouver qu’il avait reçu des nouvelles d’Hispaniola, il leur envoya un morceau de porc et une mesure de vin 2, et choisit comme messagers deux hommes de mérite, qui précisément avaient eu des relations avec les Porras. Quand ces deux envoyés parurent au quartier des rebelles, Porras vint à leur rencontre et les prit à part, ne voulant pas que ses hommes entendissent leurs propositions, de peur qu’ils n’y accédassent. Néanmoins ils surent que Diego Mendez était arrivé à Hispaniola, et qu’on attendait de jour en jour des caravelles.

Porras conféra un instant avec ses principaux complices, leur dit que l’Amiral était un homme cruel. Il répétait cette éternelle accusation de cruauté, que, depuis Pedro Margarit et le Père Boïl, tous rebelles ressuscitaient pour autoriser leurs crimes. Il ajouta qu’on ne pouvait se fier à lui; que Roldan, qui le connaissait bien,

1 Fernando Colombo, Vita delV Ammiraglio , cap. civ.

2 Herrera, Histoire générale des voyages et conquêtes des Castillans dans les Indes o ccidentalés. Décade lre, liv. VI, chap. vu.

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