‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 270 sur 444 · VS · texte numérisé non relu

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TRACASSERIES ü’OVANDO. ^>2/

Malgré l’apparence de ces bonnes relations, l’Amiral, qui voyait toujours le fond des choses , savait réduire à leur juste valeur les démonstrations d’Ovando. Et de son côté, le gouverneur ne pouvait croire que l’Amiral ne cherchât pas à préparer des influences dans l’île, espérant être bientôt remis en possession de ses droits (car la nomination d’Ovando limitait à deux ans ses pouvoirs).

Bientôt Ovando voulut montrer à .Colomb qu’il était réellement gouverneur d’Hispaniola. Il souleva une question de compétence, et prétendit connaître de la rébellion de Porras, par la raison qu’elle avait eu lieu dans l’étendue de sa juridiction. Il exigea la remise de François de Porras , détenu à bord de la caravelle -, et après le premier interrogatoire, il le lit mettre en liberté, sans ouvrir aucune enquête, sans verbaliser, sans écrire la moindre pièce C Bien plus, il parla même de faire arrêter et, mettre en jugement ceux qui avaient pris les armes pour défendre l’Amiral2. Ce qu’il faisait à cet égard, disait-il, n’était que dans l’intérêt de la bonne justice et le maintien des droits du gouvernement, contre lesquels ceux de l’amirauté ne pouvaient prévaloir. Colomb, décidé à subir patiemment toute iniquité plutôt que d’occasionner le moindre différend dans la colonie, se borna à lui représenter combien l’autorité d’un amiral serait illusoire, s’il ne pouvait punir une révolte à son propre bord. Puis il sourit 3 avec ce calme de la résignation chrétienne dont il était pénétré.

Ceux des misérables partisans de Porras , qui n’avaient

1 Christophe Colomb. — Lettre à son fils don Diego, datée de Séville le 21 novembre 1504. — Cartas del Almirante.

2 Fernando Colombo, Vita delV Amrniraglio , cap. cvn.

3 « 11 dissimulait tout cela et ne faisait qu’en rire. » — Herrora, Histoire générale des Indes occidentales. Décade ire, liv. YI , chap. xu.

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