APPRENANT LA MORT DE LA REINE
it dans ses pittoresques entretiens lui confiait chaleureusement les secrets de ses aperceptions, avec l’éternelle raie heur d inspiration et de langage si caractéristiques lu génie de l’Amiral. Un involontaire respect inclinait la grande Isabelle tant veneree vers ce vieillard respirant la puissance , transpirant le sublime , et rayonnant, dès ce nonde, du sceau de l’immortalité.
Elle seule voyait clairement ces grandeurs 5 elle seule prouvait le respect qu imposait sa mission providentielle. <ar, sauf des âmes d’élite, quelques évêques, quelques eligieux, le reste des Espagnols n’apercevait en lui qu’un aut fonctionnaire de la marine servant la couronne à etianger, un amiral lointain dans un Océan peu connu, t que son origine génoise rendait toujours un peu susect. Elle seule avait soutenu ses vues, son administration Dntie les bureaux de la marine, contre les courtisans, Dntre les conseillers, contre la voix publique, contre le oi lui-même, et n’avait cédé qu’une fois à l’illusion des )parences : car il fallait bien que l’imperfection humaine, ie la faiblesse de la femme parût dans le cours de cette nitié sans pareille. Mais elle avait réparé son erreur en îrsant secrètement des larmes d’attendrissement et de
gret sur l’infortune dont elle était involontairement ►mplice.
Pour l’âme ardente de Colomb, cet instant n’avait pas isté. Il voyait toujours dans l’incomparable Isabelle le pe de la pureté, de la constance et de la fidélité à la rôle , la fleur des grâces humaines et la poésie de l’huanite A qui raconterait-il désormais les ravissements
1 La France, terre hospitalière à la gloire, pays de justice historique, connaît pas assez la vie de la noble Isabelle. On doit pourtant à Ferdinand Denis, auteur des Chroniques chevaleresques de l’Es- ;ne, une notice fort importante sur la Reine Catholique, publiée il y a