REDOUBLEMENT DU MAL DE COLOMB
qu’élevaient en lui les merveilles des régions inconnues? Pour qui entreprendrait-il de nouvelles découvertes? Qui le suivrait maintenant par la pensée et lui saurait gré de ses lointaines fatigues ? Qui lui viendrait en aide pour réaliser enfin le but définitif de ses espérances, le rachat
du tombeau de notre Sauveur?
Quand il eut compris que son malheur était accompli, que la Reine était morte, Colomb eut froid au cœur. Sa désolation resta muette comme la tombe. Sa doulpur inexprimable n’essaya pas de s’exprimer • elle s’abîma dans le silence d’un déchirement infini. Seulement on sait que ses souffrances physiques en furent cruellement redou-
quelques années dans la Revue de Paris. Après ce beau travail, remarquable à tous égards, les jugements du savant abbé Rohrbacher, auteur de Y Histoire générale de V Église , et ceux de M. Rosseeuw -Saint- Hilaire, auteur de V Histoire d’ Espagne, composaient ce que nous possédions de plus complet sur la vie d’Isabelle, lorsque l'illustre Père Ventura de Raulica, si justement surnommé le Bossuet italien, dans un ouvrage monumental écrit en français avec une âme toute française, est venu populariser parmi nous la gloire de cette grande Souveraine.
La Reine Catholique trouvait naturellement sa place entre les modèles de la grandeur et de la piété qu’expose si magnifiquement à notre contemplation le livre de la Femme catholique. Le maître des orateurs italiens, qui est aussi le premier des prédicateurs français, et n’a d’émule que le célèbre dominicain Lacordaire, homme unique en son genre, naguèie étonnant par la parole, et maintenant non moins admirable par son silence, le Révérendissime Père Ventura de Raulica, usant de 1 autorité qui lui appartient, a démontré la haute supériorité de la reine Isabelle sur son époux ; il a développé le rôle merveilleux que lui déféra la Providence dans la Découverte du Nouveau Monde. Il a réduit à sa juste valeur Ferdinand le Catholique, discerné la vraie cause de sa renommée, et su indiquer succinctement en des appréciations pleines de profondeur le caractère de ce roi, qui ne fut grand qu’avec Isabelle et par Isabelle. Nous renvoyons nos lecteurs, pour se former une juste idée de la Reine Catholique, au grand ouvrage de la Femme catholique, faisant suite aux Femmes de l’Évangile.