ÉTAT DES ESPRITS APRÈS LA MORT DE LA REINE
blées. Lui toujours si rude et si bref en ce qui le touche personnellement, avoue dans sa première lettre à son lils ju il fait un grand effort d’écrire en ce moment, « malgré e mal affreux » qu’il éprouve *.
Dans ce même temps , le plus illustre guerrier de l’Es- )agne , Gonsalve de Cordoue, était aussi transpercé de louleur ; les larmes sillonnaient le visage du grand capiaine. Cette mort l’accablait d’un chagrin indicible 2.
" élégant latiniste de la cour, Pierre Martyr, écrivait à 'archevêque de Grenade : « Ma droite défaillit de douleur; e m’efforce pourtant d’écrire... La Reine a exhalé cette me immense, signalée phr l’excellence des actions! la
ice de la terre est privée de l’admirable ornement jusqu’à ous sans exemple 3 ! »
Dès que ce signe d’honneur, d’union et de confiance ut été retiré de ce monde, à l’instant reparut l’esprit de iscorde. Des défiances , des mécontentements éclatèrent ans les hautes régions de la cour ; les fronts se rembruirent ; de graves inquiétudes assaillirent les hommes de iix et de prévoyance. Le machiavélisme fut en possession 3 la politique ; les médiocrités jalouses, les hypocrisies Iroites relevèrent la tête; les bons et les justes devinrent ispects : tandis que dans les campagnes on avait le senti-
ent d une calamité et l’appréhension d’une détresse îblique.
Mémoire écrit de la main de l'Amiral pour son fils D. Diego.
* « Nec multis inde diebus Regina fate concessit,. incredebili cum
lore atque jacturâ Gonsalvi. » — Paulus Jovius, Vitæ illustrorum 'orum, fol. 275.
3 « Cadit mihi pro dolore dextera. Cogor tamen scribere... animam im ingentem insignera , preclare gestis optimam Regina exhalavit. iata est terræ faciès mirabili ornamento, inaudito Iiactenus »
11 Martïris Anglerii, Opus Epistolarum , liber dccimus septimus
ist. CCLXXVJI1. l
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