RAPPORT DE COLOMB AU PAPE JULES II
§ ni.
Depuis son débarquement, Colomb ne pouvait quitter le lit ni se servir de ses mains, surtout durant le jour, à cause d’une débilité qui l’empêchait de tenir la plume et ne lui permettait d écrire que la nuit 1 . Il était obligé de prendre sur les heures du sommeil celles de sa correspondance et de la discussion des affaires. Cependant son activité d’esprit au milieu de ses douleurs étonne encore.
Dès son arrivée, il avait appris que le souverain pontife, Jules II, instruit sans doute des relations établies entre ses prédécesseurs et le Révélateur du Nouveau Monde, se plaignait de ne point recevoir par lui des nouvelles des Indes. Il lit au Chef de l’Église un rapport sur ses découvertes. Mais, craignant que ses communications officieuses avec la cour pontiücale ne donnassent lieu à de nouvelles accusations, avant d’expédier ce document à Rome, il crut prudent d’en donner copie au Roi et au nouvel archevêque de Séville, le dominicain Diego de Deza, son ami 3t autrefois son défenseur dans la célèbre conférence de Salamanque.
Néanmoins ce que l’on admire plus encore que sa force norale et sa patience au milieu de ses épreuves, c’est sa générosité de caractère , la perfection évangélique de sa harité qui lui fit prendre sous son égide les marins qu’il ivait ramenés, et dont une partie avait menacé ses jours.
1 ne se borna pas à leur pardonner. Pour leur fournir les noyens de rentrer dans la patrie , il avait dû prélever
1 Christophe Colomb. — « Mi mal no consiente que escriva salvo de oche, porque el dia me priva la fuerza de las manos. » — Cartas del Imirante don Crislôbal Colon d su hijo D . Diego. En Sevilla, primero e dieiembre de 1504.
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