COLOMB DISGRACIÉ
lettre à son fils don Diego, pour qu’il obtint une réponse.
Ce fut en vain.
Malgré ce silence du Roi , comme il sut par quelqu’un des bureaux de Séville, probablement François Pinélo, qu’on allait ériger trois évêchés dans les Indes1, il demanda la faveur d’être entendu avant qu’on statuât définitivement à cet égard.
Point de réponse.
Dans le courant de décembre, Colomb en écrivit encore à son fils. Mais on ne s’arrêta pas au désir de l’Amiral. La voix publique lui apprit que les présentations avaient été faites et agréées suivant la forme ordinaire. Alors il demanda qu’au moins on voulût retarder le départ des évêques 2, jusqu’à ce qu’il eût parlé au Roi : c’était le 18 janvier. Sans nul doute, cette demande aurait été mise également de côté, si cela n’eût dépendu que de la cour. Car le même jour, le courrier apportait à Séville, pour les transmettre au gouverneur d’Hispaniola , de nouvelles instructions dont l’Amiral ignorait complètement le sujet.
Mais pendant que l’Amiral languissait disgracié, malade et dénué dans la cité calomniatrice, devenue pour lui une autre Cédar3, le Chef de l’Église, qui prenait au sérieux la vice-royauté du Héraut de la Croix, s’étonnait que dans cette création d’évêchés, motivée sur les progrès rapides de la conversion des indigènes, le Vice-Roi des Indes n’eût point émis d’opinion, et qu’il ne fût point question
1 « Acâ se diz que se ôrdena de enviar 6 facer très 6 cuatro Obispos de las Indias. » — Lettre de Colomb , du 1er décembre 1604.
2 « El enviar Obispo â la Espanola se debe dilatar fasta fablar yo à su Alteza. » — Carias de D. Cristôbal Colon â su hijo D. Diego.
3 « Heu mihi quia incolatus meus prolongatus est! Habitavi curn « habitantibus Cedar. » — Psalm. exix.