LE PAPE S’INQUIÈTE DU VICE-ROI
de lui. Ce silence de Colomb et sur Colomb, le Porte- Croix du Catholicisme, parut suspect.
A la Cour pontificale , on n’ignorait, ni l’envie ni les persécutions dont il était l’objet. Cette érection d’un archevêché et de deux évêchés tout à la fois, pour répondre aux besoins subits de trois centres de population, éleva quelques doutes dans la chancellerie romaine. Incontestablement les trois évêques proposés offraient toutes les garanties désirables de piété et d’orthodoxie. C’étaient le Père Franciscain Garcias de Padilla, le docteur Pierre deDeza, neveu du Dominicain, archevêque de Séville, et le licencié Alonso Mansa, chanoine de Salamanque \ Aussi ces choix furent-ils agréés par le Saint-Siège. Néanmoins, dans sa prudence, il ne fit point l’expédition des bulles, jusqu’à plus ample informé. Ainsi la Cour de Rome exauça, comme si elle les eût entendus, les vœux de l’Amiral, qu’avait rejetés le roi Ferdinand. Les évêques ne partirent point.
Si Colomb insistait autant pour donner son avis au sujet de cette création d’évêchés, c’est que la gloire de Dieu et l’honneur du Souverain Pontife le remplissaient d’une pieuse inquiétude. Il sentait bien qu’on abusait de [’éloignement, pour induire en erreur le Saint-Père, et faire servir à des fins mondaines son autorité sacrée.
Cette circonstance, que jamais n’a remarquée aucun historien, mérite d’être exposée au grand jour.
Espérant agrandir l’importance de son gouvernement et donner à Hispaniola un relief qui profiterait à ses vues
1 « Les trois sujets proposés et acceptés furent : le docteur Pierre de )eza, neveu de l’archevêque de Séville, pour l’archevêché de Xaragua, e P. Garcias de Padilla, franciscain, pour l’évêché de Larez, et le licencié Alonzo Mansa, chanoine de Salamanque, pour celui de la Coneption. » — Le P. Charlevoix, Histoire de Saint-Domingue , liv. V,
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