COLOMB REÇU PAR LE ROI
ne diminuait en rien ses mortifications , observait rigoureusement le jeune quadragésimal et suivait exactement la règle de l’Ordre séraphique.
Enfin les douces influences du printemps améliorèrent son état. Dans le courant de mai, soutenu de son frère l’Adelantado et monté sur une mule , il prit la route de Ségovie, où la Cour venait de s’établir. Cependant, telle était encore sa souffrance qu’en atteignant l’extrémité du 5 chemin d’argent » la Plafa , il tomba de nouveau malade à Salamanque. Le fidèle Diego Mendez vint l’y trouver et lui donner ses soins h Après quelques autres stations douloureuses, occasionnées par la gravité de son mal, Colomb parvint au but de son voyage. ,
Le Roi l’accueillit avec sa' politesse habituelle, à laquelle il ajouta un air de gracieuseté et de satisfaction ; mais ne lui donna point son titre de Vice-Roi, et ne le fit point traiter suivant son rang, comme il l’était du vivant de la Reine. Il écouta avec patience le récit de sa périlleuse navigation, et avec intérêt la découverte des mines de Véragua. Il laissa l’Amiral raconter son naufrage force à la Jamaïque, l’abandon où lavait livré le gouverneur d’Hispaniola, la révolte des Porras, les affronts subis a Saint-Domingue, sans lui donner d’autre consolation que ces paroles vaguement affables , auxquelles 1 expérience de Colomb ne pouvait plus se tromper. Tout en protestant de son intérêt, en reconnaissant les titres aussi anciens qu’incontestables de l’Amiral à la gratitude de la couronne, le Roi trouva le moyen de terminer son audience sans avoir rien décidé ni même rien promis.
Colomb, ayant laissé s’écouler quelques jours, crut devoir rappeler au Roi le souvenir des services qu il avait
1 « Venido su senoria à la corte, y estando en Salamanca en la cama cnfermo de gota. » — Testament olographe de Diego Mendez,