‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 294 sur 444 · LETTRE DE COLOMB AU ROI · texte numérisé non relu

LETTRE DE COLOMB AU ROI

« pour servir Vos Altesses. Je dis miraculeusement, parce « que j’étais allé présenter mon entreprise au Portugal, « dont le Roi s’entendait aux découvertes mieux que tout « autre, et qu’il eut les yeux, l’ouïe et tous les sens fer- « més à ce point que durant quatorze ans il ne put com- « prendre ce que je lui exposais. Je dis aussi miraculeu- « sement, parce que j’ai reçu des instances par lettre de « trois princes, que la Reine (Dieu l’ait avec lui) a vues, « et qui ont été lues par le docteur Villalon ‘, etc. »

L’Amiral ajoutait que, d’après la grandeur de ses services , les avantages qui en devaient résulter, tout le monde avait cru que Son Altesse l’honorerait et lui montrerait sa bienveillance par des effets ; qu’en cela elle ne ferait qu’accomplir ce qui lui avait été promis de vive voix, ce à quoi elle s’était engagée par écrit sur sa signature.

Ferdinand répondit qu’assurément il voyait bien ce que rapportaient les Indes ; qu’il méritait toutes les faveurs qui lui avaient été faites. Cependant comme sa demande était complexe, puisqu'il s’agissait à la fois de titres, de gouvernement, de droits pécuniaires et de comptes à reprendre, d’arriéré à régler, en un mot de choses quasi litigieuses, il convenait de choisir un homme capable pour cette sorte d’arbitrage. L’Amiral accepta cette proposition, et pria le Roi de vouloir bien remettre l’affaire aux

1 « Dios Nuestro Senor milagrosamente me envié acà porque yo sir- « viese â V. A. Dije milagrosamente porque fué à aportar à Portugal,

« adonde el Rcy de alli entendia en el descubrir mas que otro : él le « atajô la vista, oido y todos los sentidos, que en catorce anos no le « pude hacer entender lo que yo dije. Tambien dije milagrosamente « porque hobe cartas de ruego de très principes, que la Reina, que Dios

« baya, vido y se las leyé el doctor Villalon , etc. » — Caria dd

Almirante D. Cristôbal Colon al Rey Catôlico. — Suplemento primero â la coleccion diplomaties, n° lyiii.

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