DISSIMULATION DE FERDINAND
à susciter de nouvelles esperunces. Neanmoins 1 affaire
n’en marchait pas plus vite.
Enfin Colomb, voyant que ses droits étaient sans force puisqu’il n’avait aucun moyen de les faire valoir, tenta de s’en remettre à la propre générosité du Roi. Il lui dit. pour éviter les lenteurs d un litige, de lixer lui -même comme il l’entendrait ce qui lui revenait, car il était exté nué par ses travaux, ses infirmités; il lui tardait de von terminer ce différend, pour pouvoir se retirer en un coir et y mourir en paix.
Le Iloi lui répondit gracieusement qu’il ne voulait poin se priver encore de ses services; qu’il tenait à le satisfaire à tous égards; qu’il ne pouvait oublier qu’on lui de vait les Indes, et qu’il entendait non-seulement lui accorder tout ce qui lui appartenait légalement, en vertu de se privilèges, mais le récompenser aussi avec des biens pro près de ta couronne1.
Après des assurances si formelles , exprimer un dout eût semblé une offense. Il fallait se taire et attendre D’ailleurs, si depuis la mort d’Isabelle les grands le délais saient, son ancien ami Diego de Deza lui restait. L Ami ral était aussi fort considéré et aimé de l’illustre Francis cain 2 François Ximenès de Cisneros, cardinal, archevêqu de Tolède. Il conserva une lueur d’espérance, car, par me ments, Colomb se laissait prendre tout de bon aux pa rôles captieuses de Ferdinand. Sa droiture ne pouva: croire à une dissimulation si longuement conduite, ni un pareil mépris des droits les plus sacres.
1 Herrera, Histoire générale des voyages et conquêtes des Castillar dans les Indes occidentales. Décade ire, Uv. VI, cliap. xiv.
2 « 11 était aussi fort aimé de François Ximenès, archevêque de Te lède, religieux de l’ordre de Saint-François. « — Herrera, Histoire luirale des Indes occidentales. Décade ire, liv. VI, chap. xiv.