‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 300 sur 444 · ANIMOSITÉ DU ROI ENVERS COLOMB · texte numérisé non relu

ANIMOSITÉ DU ROI ENVERS COLOMB

à Dieu, qui m’a toujours été propice dans tous mes

besoins. »

Ainsi, l’homme qui en ce moment rendait l’Espagne le royaume le plus riche et le plus puissant de la chrétienté, n’avait pas une tuile pour abriter sa tête; couchait dans un lit de louage, et se trouvait réduit aux emprunts pour payer sa dépense à l’auberge.

Ce dénùment ne suffisait pas à la tacite animosité du Roi. Non-seulement il le privait de ses revenus, il voulait encore le dépouiller de ses titres et de ses honneurs. Quel était donc le forfait de Colomb? que pouvait-on lui reprocher?

Aucun grief n’était formulé, et jamais aucun historien n’a rien pu recueillir à cet égard. Sa soumission n’avait-elle pas égalé son zèle? son zele, sa prudence? sa prudence, sa fidélité? sa fidélité, son dévouement? Même depuis son retour, après que lui fut ravie la Reine, son amie, son soutien, s’absorba- 1- il dans sa douleur au détriment du service du Roi? Ne conserva- t-il pas a 1 ingrat monarque l’empressement qu’Isabelle aurait souhaité pour

lui?

Nous avons à cet égard une preuve qu’on ne saurait suspecter, car elle est surprise à l’intimité de l’épanchement paternel , aux communications privées de la famille, au moment môme où, frappé dans tout son être par la mort de la Reine , Colomb traçait a son fils aine, alors auprès du Roi, la conduite qu’il devait tenir. Ces conseils prennent un double intérêt des circonstances mêmes. Voici comment le père parlait à son fils : « Main- « tenant, le principal est de recommander affectueuse- « ment à Dieu, et avec beaucoup de dévotion, l’àme de la « Reine, notre maîtresse. Sa vie fut toujours catholique ,, et sainte, et portée à toutes les choses de son saint ser- « vice ; et par ces motifs , on doit croire qu’elle est dans

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