CONSEILS DE COLOMB A SON FILS
« sa sainte gloire , sans regrets sur ce monde âpre et pé- « nible \ »
« Ensuite, l’important et la seule chose qui vaille toutes « les autres, c est de s’appliquer et de faire de continuels (( efforts pour le service du Roi , notre Seigneur, et de « travailler à lui épargner des ennuis. Son Altesse est la (( tête de la chrétienté : voyez le proverbe qui dit que « lorsque la tête est souffrante, tous les membres le sont v aussi ; et c’est pour cela que tous les bons chrétiens « doivent prier pour la prolongation de sa vie et la conte servation de sa santé ; et nous qui avons plus spéciale- « ment l’obligation de le servir, nous devons aider à cela (( avec plus d’étude et de zèle que tous les autres1 2. »
Ces recommandations de l'Amiral ne dévoilent-elles pas le fond de son âme? N’y trouve-t-on pas une soumission absolue, le dévouement le plus sincère ?
Mais qu’importait à Ferdinand la fidélité de Colomb? Pour ce grand politique, l'intérêt était l’unique règle du cœur. Il ne supposait à personne une générosité dont il ne se sentait pas capable, et ne pardonnait point la supériorité. Ce qui l’offusquait dans Colomb, ce qui le rendait implacable pour lui, c’était sa gloire, son involontaire grandeur. Aucun service ne pouvait racheter l’importance acquise par cet étranger qu’il avait vu si pauvre , sollici-
1 « Su vida siempre fue catôîica y sauta y pronta à todas las cosas « de su santo servicio; y por esto se debe creer que esta en su santa « gloria, y fuera del deseo deste àspero y fatigoso mundo. » — Car tas de D. Cristôbal Colon. — Memorial de letra del Almirante.
2 « Su Alteza es la cabeza de la cristiandad : ved el proverbio que « diz : cuando la cabeza duele, todos los miembros duelen. Ansi que « todos iOs buenos cristianos deben supliear por su larga vida y salud,
« y los que somos obligados à le servir, mas que otros, debemos ayudar « â esto con grande estudio y diligencia. » — Cartas de D . Cristôbal Colon . — Memorial de letra del Almirante.
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