CHAPITRE IX
Aggravation de la maladie de Colomb. — Il reconnaît que sa fin approche ; il dispose son testament olographe entre les mains du notaire de la cour. — Erreur des historiens et des biographes au sujet de la date de ce testament et des dispositions relatives à dona Beatrix Enriquez. — Derniers sacrements donnés à l’Amiral. — Ses dernières paroles. — Sa mort arrivée le jour de l’Ascension. — Voyages posthumes de l’Amiral.
Depuis la mort de la Reine, les forces de l’Amiral diminuaient sourdement par une lente décroissance. Les ressorts de sa puissante organisation, usés sous de si longs travaux, aggravés de souffrances, n’étant plus soutenus par la présence d’Isabelle, se relâchèrent tout à coup. La nature reprit ses droits. Son énergie de volonté retarda seule les effets d’une destruction qui semblait imminente.
Quand, pour découvrir te Détroit, il s’était remis en mer à soixante-six ans , après en avoir passé quarante à naviguer, Colomb n’avait pas déployé une moins héroïque audace qu’à sa première expédition. Déjà plusieurs lois atteint d’ophthalmie et de rhumatisme articulaire, il eut à subir, durant ce voyage, des privations, des fatigues et des intempéries indicibles, auxquelles succombèrent de jeunes marins parmi ses équipages, et dont son frère l’Adelantado, malgré sa complexion athlétique, ressentait encore les suites plus d’un mois après son débarquement h
1 a Tu tio ha estado muy malo, y esta de las quijadas y de los dientes. » — Carias de D. Cristôbal Colon à su hijo D. Diego Colon .