‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 307 sur 444 · Ù(MJ LA MALADIE DE COLOMB S’AGGRAVE · texte numérisé non relu

Ù(MJ LA MALADIE DE COLOMB S’AGGRAVE

En outre, une de ses anciennes blessures s’était rouvertedes gonflements artithriques endolorissaient ses pieds et ses mains ; le mal avait gagné les principaux centres. En dépit de son calme apparent et de sa stoïque retenue de paroles , la perte d’Isabelle avait fait à son cœur une déchirure d’où s’échappait goutte à goutte la source de sa

vie. A partir de ce moment, chaque jour hâta l’approche du terme fatal.

Dans ses atroces calculs sur ce qu’il lui restait de temps a souffrir, le roi Ferdinand était d’une exactitude sagace. Pourtant il y avait encore chez Colomh un autre secret de souffrance dont ne pouvait se douter ce profond politique.

Nonobstant sa résignation toute aimante à la volonté de Dieu, son pardon de l’iniquité, une désolation plus amère que l’ingratitude royale le poignait incessamment dans sa solitude : c était le souvenir de ces contrées qu’il était allé découvrir au nom de Jésus-Christ, la navrante image de ces populations jadis heureuses, qu’il avait ambitionné d amener au Rédempteur, auxquelles il avait le premier montré et fait saluer la Croix, et que maintenant l’on détruisait avec une barbarie insensée. Le Révélateur du Nouveau Monde se sentait martyrisé dans les Indiens, démembre dans la dislocation de leurs tribus et les supplices infligés à ces infortunés, qui s’éteignaient maudissant la sublime religion qu’il aspirait à leur faire chérir.

Au milieu de ses tortures physiques, des humiliants embarras de son dénûment, Colomb, remettant le sort de ses deux fils à la commisération de la Providence, aurait pu encore oublier sa détresse, son abaissement, la perfidie du monarque. Mais nulle préoccupation humaine n’aurait pu lui dérober l’image de ces malheureux Indiens et ralentir l’accélération de son pouls indigné. Par quelles paroles consoler une telle affliction ? Quoser

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