DU MARIAGE DE COLOMB AVEC B. ENUIQUEZ
pouvait concerner cette maternité, qu’il avouait si clairement. Le mystère devient impossible après une telle netteté d’expressions. Donc la réticence du testateur n’était pas relative à la naissance de son second (ils.
Les mêmes écrivains qui ont vu dans ces paroles, l’aveu d’une faute arraché à la conscience, au terrible moment
des adieux à la vie, ont oublié la date de ce testament. Ils ont confondu la rédaction de ce document olographe avec
l’acte de dépôt, qui en fut fait quatre ans plus tard par l’Amiral, la veille de sa mort. Sur quelques paroles dont leur méconnaissance de ce grand caractère les empêche de saisir la portée, ils ont conclu à une liaison illicite, et à de stériles remords vers les derniers moments. La différence des dates ne les a pas arrêtés. Nous ne réfuterons pas ici leur obstination aveugle. Nous référant aux preuves que nous avons données dans notre introduction l, il nous suffira de dire que le mariage de Colomb avec dona Beatrix Enriquez, démontré par tant d’inductions logiques, de pièces et de preuves diverses, reconnu par ses descendants, les arbres généalogiques, les traditions de
sa parenté, était avoué par lui, de sa propre main, cinq ans quatre mois et dix-huit jours avant l’acte de dépôt fait ce la veille de sa mort » dans un document autographe qui, par bonheur, nous a été conservé. Christophe Colomb nomme son épouse muger\ cette femme dont sa
1 Tonie 1er, pages 51, 52, 53 jusqu’à 57.
2 Pour nos lecteurs français il est peut-être bon de constater que le nom de muger, employé par Christophe Colomb au sujet de Beatrix Enriquez, ne veut pas dire seulement la femme en général, mais qu’il signifie aussi l’épouse. C’est par ce nom d a muger que se désignait la reine doua Juana, veuve du roi Henrique IV. Dans son testament olographe, fait en avril 147 5, elle se dit : « Mugei del vey don Emique que Dios hciyu. » Ce nom de mugev était aussi donné par 1 erdinand à la reine catholique, la grande Isabelle, le îoi uisait . « La sereulsima