DE COLOMB
sions elles-mêmes. Les dates attestent l’invariable fixité de détermination du testateur. Ce qu’il avait écrit en 1501, avant sa derniere expédition, il l’a confirmé en 1505. Ce qu’il avait confirmé à cette époque, il le sanctionne de nouveau en 1506, par l’acte de dépôt fait « la veille de sa mort. » A son immutabilité détention se reconnaît cette constance de volonté, cette précision de
raison qui en était la cause et formait le fond de son énergie.
b Cette consécration de ses dernières volontés, accomplie ainsi dans ces circonstances solennelles, par-devant le notaire royal Pedro de Hinojedo, vient, en le justifiant, autoriser ce que nous avons affirmé d’une façon un peu impérative sur la candeur sublime et la nature aimante 3t inspirée de Christophe Colomb. C’est à juste titre que aous 1 avons dit suscite d en haut, enflamme nour la gloire lu Verbe divin, soumettant sa science a sa foi, comme son çénie à l’humilité.
Il ne se trouve pas d’hypocrite sous le linceul mortuaire. )n ïïc dissimule plus au seuil de l’eternité. Or, par l’acte le dépôt fait « la veille de sa mort, » le Révélateur du 'lobe constatait une dernière fois le caractère surhumain e sa Découverte. 11 réitérait en face du tombeau ce que ingratitude de la Cour l’avait forcé d’écrire au Roi et à es conseillers : a Par la volonté de Dieu Notre-Seigneur, ai donné au Roi et à la Reine les Indes, comme chose ui était mienne ; je puis le dire, parce que... h » Il déigne encore, dans ce moment solennel, la fameuse Ligne e Démarcation allant de l’un à l’autre pôle; non point la
* Di§° servi, que parece que yo por la voluntad de Dios Nuestro
enor se las di, coino cosa que era mia, puédolo decir, porque... »
estamento y codicilo del almirante D. Cristôbal Colon , otorgado en alladolid. — Coleccion diplomatica, docum., n°CLvm,
:JU lecture du testament.
délimitation cauteleuse et decevante, convenue diplomatiquement entre les couronnes de Castille et de Portugal, mu laquelle il se tut toujours par respect, dont il parut pourtant ne tenir aucun compte, qu’il ne mentionna jamais, la regardant peut-être comme une offense envers le Saint-Siège-, mais cette Ligne étonnante qui fut tirée à cent lieues des Açores 1 et des îles du Cap-Vert par le Souverain Pontife, assisté du Sacré Collège, et qui restera toujours pour l’incrédulité même comme l’un des plus grands prodiges de l’esprit humain, en témoignage de 1 inspiration indéfectible de la Papauté.
§ II
Quand il eut entendu la lecture de cet acte de volonté dernière, et que les témoins ainsi que le notaire royal Pierre de Hinojedo l’eurent signé, Christophe Colomb demanda une plume.
Déjà par ses recommandations verbales, à son fils aîné, il avait pourvu aux intérêts de ses fidèles serviteurs. Précédemment il avait promis à l’héroïque Diego Mendez le commissariat général de police de l’Espagnole 2, Carvajal et Geronimo étaient confiés à la bienveillance de son héritier. Mais dans ce moment suprême, sa reconnaissance voulut donner un dernier souvenir à quelques hommes estimables dont il éprouva l’obligeance pendant les pre-
1 « Las dichas Indias, islas é tierra firme, que son al Poniente de una raya que mandaron marcar sobre las islas de los Azores y aquellas del Cabo Verde, cien léguas la cual pasa de Polo â Polo... » — Testamento y codicilo del almirante D. Crïstobal Colon , otorgcido en Fallado hd. — Coleccion diplomâtica, docum., n° clvjii.
2 Diego Mendez. — Testament otographe du 19 juin 1536.