‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 318 sur 444 · AGONIE DE COLOMB · texte numérisé non relu

AGONIE DE COLOMB

s’être donné à lui-même cette preuve de la sincérité de son pardon des offenses, étant bien sûr qu’il ne gardait aucune ombre d’amertume dans son cœur, il confessa pour la dernière fois ses fautes, et en reçut l’absolution. Les ravages physiques avaient respecté à la fois toutes ses facultés. Dans son épuisement corporel, il n’avait subi aucun affaiblissement de l’intelligence. Le contemplateur de la Création devait garder sa lucidité d’intuition aussi longtemps que son âme restait jointe à son corps.

Le jour qui s’annoncait marquait une des grandes fêtes du Catholicisme, l’anniversaire de celui où le Fils de l’Homme, ayant accompli la Rédemption, et institué son Église, remonta vers son Père pour rentrer dans sa gloire. D’heure en heure, le Grand Amiral de l’Océan se sentait toujours plus attiré vers le port de son éternité. 11 demanda la faveur de recevoir encore une fois sur la terre le pain des anges. Quel spectacle dut alors offrir cette chambre d’hôtellerie ! L’envoyé du Très-Haut, Fardent adorateur du; Verbe par qui tout a été fait, recevant la visite du Verbe divin sous le symbole eucharistique ! Quelle effusion de cœur, quelle suavité de confortation surabondèrent chez cet homme de foi ! Quelle divine illumination dut éclairer sa couche de douleurs ! Avec quel bonheur il se prosterna devant son maître arrivant à lui ! Le divin Sauveur, qui lit dans les âmes, savait combien ardemment il avait désiré, la délivrance de son tombeau, la glorification de son nom parmi toutes les nations de la terre*, et ses persévérantsefforts et ses douloureuses aspirations vers ce but sacré. Aussi, malgré le tremblement que toute créature mortelle doit éprouver .devant la majesté de 1 Auteur de la vie, Christophe était rempli d’espérance. Rassuré par les bontés et la miséricorde que lui avait déjà montrées le- Rédempteur, son âme dut s’épandre avec de tendres déli-

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