TRANSLATION DES RESTES DE COLOMB A S. DOMINCUE
le cercueil de l’Amiral de l’autre côté du Guadalquivir dans leur paisible retraite de Sainte-Marie-des-Grottes. Il y fut déposé non point parmi les tombeaux des seigneurs d’Alcala, comme le dit par erreur l’annaliste de Séville, mais dans un sépulcre entièrement neuf, au fond de la chapelle du Christ que venait de faire construire le frère don Diego de Lugan. Ses restes reposèrent sous les marches de l’autel et la protection de ces édifiants religieux qui l’affectionnaient, chez lesquels il aimait à venir se reposer des tracasseries de la ville. Quand il avait mis le fleuve entre ses ennemis et lui, Colomb croyait se sentir hors de leur atteinte. Au sein de la paix de ce cloître où il s’était réfugié si souvent, il demeura ainsi endormi dans le Seigneur jusqu’à l’année 1526.
Alors le marteau qui avait troublé le calme de sa sépulture chez les Franciscains de Valladolid retentit dans son caveau funèbre. A côté de ses restes, on descendit pour l’éternel repos la dépouille mortelle de don Diego Colomb, son successeur. Ceux qui avaient supplicié lentement le père étaient aussi parvenus à se défaire de son fils.
Après un oubli de dix ans, l’agitation se fit encore autour des deux cercueils. Les restes de Colomb enlevés au silence de la Chartreuse des Grottes furent transportés à bord d’une caravelle. Ainsi l’homme qui le premier avait franchi l’Océan, enflammé de' saintes espérances, qui le premier avait mesuré ses espaces chargé de fers, fut aussi le premier qui dut le traverser encore après sa mort. Il retourna gardant ses chaînes dans la ville où il en avait été chargé.
Durant l’année 1536, le corps de Christophe Colomb fut transporté de Castille à Saint-Domingue, cette cité construite par ses ordres, à laquelle il avait donné pour armes, outre le lion et la tour d’Isabelle, la Croix et la