TRANSLATION DES RESTES DE COLOMB
sement recueillis et déposés dans un coffre de plomb doré, à serrure, qu’on revêtit de velours noir orné de galons et de glands d’or1. On le déposa provisoirement sur un catafalque tendu de noir. Fidèles à leurs anciennes affections , les Franciscains veillèrent auprès du cercueil et dirent rofïîce des Morts.
Le lendemain, le gouverneur de Saint-Domingue, l’Etat-Major de la place et de la marine, tous les fonctionnaires et les notables de la cité se réunirent à l’église, où l’archevêque Mgr Fernando Portillo y Torres, assisté de ses quatorze chanoines2, des religieux Franciscains , des Dominicains et des pères de la Merci , célébra la grand’messe -, ensuite il prononça l’oraison funèbre du Vice-Roi des Indes3. Puis le même jour, à quatre heures de l’aprèsmidi , s’opéra le transport de ces restes précieux sur le brigantin de l’Etat la Découverte . Cette translation tenait à la fois de la pompe militaire et de la cérémonie religieuse. On eût dit la marche triomphale des reliques d’un
Saint. L’Eglise rendit honneur au Messager de la Croix, au premier chrétien qui publia le nom de Jésus-Christ dans cette île. Toutes les bannières voilées de crêpe formaient
1 « La eaja es de largo y ancho como de media vara y de alto una tercia : y se traslâdo â un ataud forrado en terciopelo negro, guarnecido de galon y Décos de oro. » — Extracto de las noticias que comu nïcaron al gobierno los Gefes y autoridades , etc. — Coleccion diplomate, n° clxxvii.
2 La primatie des Indes, d’abord unie à l’archevêché de Séville, avait été ensuite transportée à San-Domingo qui fut érigé en archevêché, avec archidiaconat et chapitre, composé de quatorze chanoines. — Charlevoix, Histoire de Saint-Domingue , liv. VI.
3 « Se cantô solemnemente vigilia y misa de difuntos, predicando despues el mismo S’ Arzohispo. » — Extracto de las noticias que co municaron al gobierno los gefes y autoridades . etc. — Coleccion diplomate, n° clxxvii.