‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 333 sur 444 · DE L’HISTORIEN OVIEDO · texte numérisé non relu

DE L’HISTORIEN OVIEDO

(( n’avait point commandé au commandeur Bovadilla de « prendre l’ Amiral, et qu’il étoit venu comme juge de « résidence et pour s’informer seulement de la rébellion « de Roldan Ximenès et ses consorts. Néanmoins, fût par « commandement ou non , il fit prendre l’amiral et ses (( frères , et les envoya en Espagne , et demeura en cette (( île, ayant la charge et gouvernement d’icelle, et la « gouverna en bonne paix et justice , jusques à l’an mil « cinq cent deux qu’il fut révoqué et que lui fut com- « mandé de retourner en Espagne l. »

En racontant ce traitement qui révolte tout sentiment du cœur et de l’âme, Oviedo ne trouve pas une seule parole d’intérêt pour Colomb , de blâme contre Bobadilla. Cette inqualifiable insensibilité , cette indulgence non moins inqualifiable pour un acte qui soulèvera l’indignation de la postérité, jusqu’à la fin de l’iiistoire , peint mieux que toute assertion la secrète animosité du Castillan Oviedo y Valdez envers le Génois Christophe Colomb.

Veut-on connaître jusqu’où peut aller l’aveuglement de la prévention? Ecoutons le jugement d’Oviedo sur l’hypocrite et sanguinaire Ovando, qui, dans ses jeux équestres, massacra l’inoffensive population de Xaragua, et, avec la gravité des formes judiciaires, fit hisser à la potence , la noble Anacoana, l’ingénieuse souveraine d’Haïti.

« J’ai ouï dire à plusieurs témoins dignes de foi et « même à plusieurs encore vivants , tous d’un accord,

« que jamais n’v eut homme ès Indes de pardeça, qui « l’ait excédé, ne surpassé, ne qui ait mieux exercé

1 Oviedo y Valdez, Histoire naturelle et générale clés Indes , liv. III, cliap. vi. — Traduction de Jean Poleur, valet de chambre de Fran^ çois Ier.

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