‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 338 sur 444 · DE COLOMB · texte numérisé non relu

DE COLOMB

meilleur ami à ma droite et à ma gauche que mes frères h » Mais aussi jamais frère aîné ne fut plus prévoyant , plus reconnaissant que ne l’étaitColomb envers ses deux cadets. Sa sollicitude pour leurs intérêts perce jusque dans ses relations officielles avec les Rois. Il songeait à leur sort dans son Institution de Majorât. Sous ce rapport, les dispositions de cet acte sont uniques peut-être. Il avait présents à la pensée leurs services, en écrivant son testament. Dans toutes les circonstances, on voit combien il s'occupe des deux amis naturels qu’il trouve toujours à sa droite et à sa gauche, suivant sa pittoresque expression. Il nomma, comme son premier exécuteur testamentaire , don Barthélemy, et sut inspirer à ses enfants , pour ses frères , le respect et l’attachement dont ils étaient si dignes.

L’immolation de son cœur qu’avait fait Christophe Colomb à la cause de l’Évangile, nous empêche de le juger comme époux. Nous ne parlerons pas de sa vie conjugale, qui fut une incessante privation du bonheur intime. Tout ce que l’on sait de son mariage, c’est qu’il n’en eut que les charges, les soucis, sans en goûter les suaves compensations dans la douceur du repos au foyer. Mais comment douter qu’il n’eût été un époux accompli , puisqu’il se montra père si affectionné ?

L’homme de mer dont l’enfance avait été endurcie à la rude navigation, dans les échelles du Levant , avait pour son fils aîné, qui fut sitôt privé de sa mère, des entrailles véritablement maternelles. Il l’aimait avec la tendresse prévoyante qu’aurait eue dona Felipa si elle eût vécu. Il chérissait d’une égale dilection son second fils Fernando. La complaisance naïve avec laquelle il parle de cet enfant, jusque dans ses lettres aux Rois, la façon dont il le re-

1 Cartas del almirante don Cristobal Colgn à su hijo don Diego . — Lettre du 1er décembre 1504.

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