‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 339 sur 444 · I)E SA SCIENCE · texte numérisé non relu

I)E SA SCIENCE

commande à son fils aîné, nous disent quelle exquise sensibilité animait son cœur de père.

Christophe Colomb, en sa qualité de chef de maison, mettant à l’œuvre le principe du devoir devenu chez lui un sentiment naturel, s’attacha, par cela môme, tous les hommes qui le servirent. Son égalité de caractère, son indéviable justice, sa bonté réprimant ses vivacités, sa mansuétude, la paternité de ses prévoyances pour ses écuyers et ses domestiques lui avaient gagné l’affection de tous ceux qui mangèrent son pain. Un seul fut ingrat. On peut le remarquer: celui-là n’était ni soldat, ni marin, ni gentilhomme; mais une espèce de légiste improvisé, un formaliste, amateur de chicane , le juge Roldan. Plus tard , il sembla, honteux de sa conduite, reconnaître ses torts envers son bienfaiteur. Tous ceux qui eurent l'honneur de faire partie de la maison de l’Amiral conservèrent une sorte de culte pour sa mémoire.

On s'est laborieusement efforcé de rechercher quelle avait été la cause première de la conviction de Colomb, et de sa détermination à découvrir un continent inconnu. Quelques écrivains ont pensé qu’il avait des connaissances mathématiques supérieures à celles de son siècle; que le premier il avait fait usage de l’astrolabe , du quart-decercle. On a surtout attribué aux vers quasi sibyllins d’une tragédie de Sénèque, intitulée Médèe l, une grande influence sur l’esprit de Colomb. Pareillement on a cru que l’idée de l’existence d’un continent situé à l’occident,

i Venient annis

Sæcula seris, qnibus Oceanus

Vincula rerum laxet, et ingens

Pateat tellus, Typhisque novos

Detegat orbes, nec sit terris

Ultima Thule — Médée, acte II, v. 371.

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