OPINION DE HUMBOLDT SUD COLOMB
loppement et sa parfaite lucidité. Cette première inspiration fut ensuite appuyée par la lecture des auteurs. Colomb alors découvrit dans leur texte ce que le commun des lecteurs n’ y avait pas aperçu. Mais nous pouvons certifier îue, par leur seule autorité, quelques passages d’auteurs anciens et quelques vers de Sénèque n auraient jamais mgendré cette inébranlable conviction qui sut résister à lix-huit années de doutes , de négations et de dédain scientifique.
Nous ne sommes nullement fondé à vanter la science de Colomb. Il n’était ni cosmographe, ni astronome, ni géoogue, ni physicien, ni botaniste • il n’eut jamais l’honaeur de faire partie de quelque commission scientifique "t d’appartenir à la moindre Académie. Cependant , sa pénétration propre, la sagacité de ses observations le mettent sur la voie des grandes vérités cosmographiques. Et l a pris dans fhistoire du progrès des sciences une place lont nul ne le dépossédera jamais. De nos jours, le savant miversel, Humboldt, que ses admirateurs ont surnommé ( l’Aristote moderne » , est attiré vers Colomb; il l’adnire « conservant en lui, à côté de tant de soins matériels ît minutieux, qui refroidissent famé et rapetissent le cautère, un sentiment profond et poétique de la majesté le la nature ‘. » Il est, en effet, inouï qu’un chef d’escadre, in gouverneur ayant le souci d’une administration nouelle , aient apporté une pareille assiduité dans fobservaion d’un pays dont ils faisaient l’exploration. Humboldt ait cet aveu : a Ce qui caractérise Colomb , c’est la pénération et la finesse extrême avec lesquelles il saisit les ►hénomènes du monde extérieur. Il est tout aussi remar- [uable comme observateur de la nature que comme in-
1 Humboldt, Examen critique de V histoire de la géographie du louveau Continent , 1. 111, p. 16.