‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 348 sur 444 · CARACTÈRE PROVIDENTIEL DE COLOMB · texte numérisé non relu

CARACTÈRE PROVIDENTIEL DE COLOMB

Quelle idée ne donne pas de la sérénité d’esprit et de la piété de Christophe Colomb ce chant paisible de l’ame chrétienne dominant les douleurs, de la chair, l’affaiblissement voisin de la défaillance, ne songeant qu’à partager à cette lointaine distance l’allégresse de l’Église catholique en ce jour et à célébrer la naissance du bienheureux saint Jean, qui tressaillit dans les entrailles de sa mère à la voix de la Vierge bénie entre toutes les femmes, dont les flancs portaient le Sauveur! Les circonstances de temps et de lieu ne sont pas moins édifiantes que le sujet de cette inspiration; et le touchant intérêt qui s’y rattache redouble le charme de l’ingénuité de cette poésie.

§ IV

Si Colomb s’était borné à découvrir des terres, on pourrait, tout en reconnaissant la grandeur de son génie, le considérer uniquement comme marin cosmographe ; mais ses découvertes sont tellement liées à sa vie privée, à sa foi, et son rôle apostolique domine tellement ses actes officiels, qu’il est diamétralement contraire à la justice de prétendre le juger, abstraction faite du sentiment religieux, principe et fin de son existence publique.

Et si l’on s’étonne qu’après avoir relevé ses excellentes qualités, nous n’ayons pas, javec cette sévère probité qu’exige l’histoire et qui oblige l’historien, recherché la partie faible du caractère de Colomb, afin de mettre ses défauts en regard de ses vertus, et les livrer équitablement à l’appréciation des lecteurs; nous répondrons d’avance à ce reproche, que vainement avons-nous ausculté ce cœur de Héros : nous l’avons examiné sous tous les aspects , jamais nous n’avons pu découvrir en lui une faute volontaire, un tort, une faiblesse. Pour aller jus-

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