LE CACIQUE PAIE TRIBUT
meme d’une petite guerre à l’indienne. Au milieu de ces distractions, dans un entretien amical, il amena fort adroitement le Cacique à l’idée de payer un tribut aux Rois Catholiques, en retour de leur protection. Comme on ne connaissait point de mines d’or dans l’état de Behechio, don Barthélemy aplanit toute difficulté, en acceptant pour tribut des denrées alimentaires, ce qui n’était nullement onéreux pour le Xaragua. L’Adelantado partit émerveillé de la noble Anacoana, et laissant à sa cour l’impression la plus favorable ainsi que les dispositions les plus sincères envers les Castillans.
§ ni.
Continuant son excursion, don Barthélemy visita les mines de Cibao, passa l’inspection générale de la vega et de l’Isabelle. Il reconnut que le manque d’objets nécessaires, surtout l’insullisance de la nourriture, prédisposait les Castillans aux maladies qui les décimaient. Pour leur procurer au moins des aliments en abondance sans trop grever les indigènes, il les cantonna par petits détachements dans les bourgades les mieux pourvues. Mais, au lieu d’alléger aux Indiens cette hospitalité forcée , de se les attacher par de bons procédés et de les attirer à la foi chrétienne, les Castillans leur faisaient abhorrer le nom de chrétiens.
Tous les efforts du Franciscain Juan Bergognon et du frère Roman Pane n’avaient encore abouti qu’à la conversion d’une seule famille composée de seize personnes, dont le chef, appelé Guaycavanü 1 , fut baptisé sous le
1 « Entrô cl primero como mas instruido, Guaycavanü, recibiendo con el kbautismo el nombre de Juan Mateo, » — Munoz, Historia del Nuevo Mundo , lib. VI, § 8.