‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 37 sur 444 · INJURE FAITE AU CI! A, VII CACIQUE · texte numérisé non relu

INJURE FAITE AU CI! A, VII CACIQUE

nom de Jean Mathieu. Le grand Cacique Guarionex recevait hospitalièrement les missionnaires, les écoutait avec plaisir. Il avait même appris nos principaux dogmes, savait le Pater , et faisait réciter aux gens de sa maison le Credo , lorsqu’une sorte de faquin, nommé Barahona, qu’il accueillait chez lui, le croyant vrai gentilhomme, séduisit et enleva sa femme la plus aimée. Outré contre le christianisme à cause des chrétiens, Guarionex repoussa dès lors cette religion qui ne savait pas empêcher une telle violation des plus saintes lois.

Les missionnaires, perdant tout espoir, s’éloignèrent de sa résidence.

L’injure faite au plus grand Cacique de l’ile fut vivement ressentie par ses Caciques subalternes. Ses voisins, dont les sujets étaient pressurés indignement, agirent auprès de Guarionex, qui se trouvait par naissance le plus noble et le premier des souverains d’Hispaniola, et le pressèrent de débarrasser le pays de ces tyrans étrangers, maintenant qu’ils étaient épars et maladifs. Guarionex, peu belliqueux, surtout peu rassuré sur le sort d’une lutte contre ces hommes qui, outre leurs tranchantes épées, portaient avec eux la foudre, avaient pour alliés des chevaux ecumants et des chiens sanguinaires, n’opinait point pour la guerre, et proposait des moyens dilatoii es. Mais ses Caciques inferieurs, ses officiers s’étaient enflammés d’une si patriotique ardeur qu’ils lui laissèrent l’option de prendre les armes à l’instant ou d’être considéré comme traître à son pays, indigne de son peuple, et dépouillé de sa couronne. Il subit donc la volonté' de ses sujets. Guarionex, à la tête de quinze mille guerriers, s’en allait joindre secrètement d’autres troupes dans les bois des alentours de la Vega, quand l’Adelantado, informé du complot, réunit à la hâte les soldats valides, les convales-

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