LÉGENDE ALLEMANDE DE SAINT CHRISTOPHE
ment voues a cette œuvre, suivant l’exemple du jeune bergei saint Bénezet, à qui le comtal Venaissin dut le pont d Avignon. L on dit que, pour l’éprouver, Jésus-Christ, sous la forme d un petit enfant, vint une nuit lui demander à passer de l’autre côté du torrent grossi par les eaux, et que le saint, bien qu un peu contrarie d’être dérangé à pareille heure, l’ayant pris sur son dos, reconnut au poids énorme de cet enfant, qui s’alourdissait de plus en plus, qu’il portait le maître du monde.
Ca tiadition mysteiieuse et la grande effigie qui la consacrait dans les églises d’Orient prirent ainsi, en arrivant dans les forêts de la Germanie et les brumes des rives du Noid, le caractère d une légende vulgaire, d’une anecdote chrétienne faite pour charmer les longues soirées d’hiver. Les peintuies ayant subi les variantes de la tradition, on a remplacé finalement la mer par un fleuve, et représenté saint Chiistophe, 1 enfant Jésus au dos, passant la rivière. Sur 1 un des bords est un ermite, des reliques à la main, près d’une chapelle avec son clocher; sur l’autre, un brave Allemand a cheval, allant au moulin dont on voit la roue hydraulique.
Cette derniere version de la legende tudesque a été repioduite par le pinceau dans une foule d’églises du Nord ; aux bords du Rhin, en Bavière, en Belgique, en Allemagne et dans le centre de la France. 11 y a deux ans, nous 1 avons retrouvée en Bourgogne parmi les peintures murales du chœur dans 1 antique abbaye des Bénédictins de Saint-Seine, l’une des mieux conservées du moyen âge. Cette figure, résumant une légende pieuse, était si répandue en Europe, qu'elle forma le sujet de la plus ancienne gravure sur bois qui nous soit parvenue, portant une date. Celle que l’on conserve au cabinet des estampes de la Bibliothèque impériale est marquée au millésime