K OLE RELIGIEUX RE COLOMB
Colomb affectionnait particulièrement les malades-, on le reconnaît à la haine commune dont l’honoraient les directeurs d’hôpitaux, d’infirmerie et les officiers du corps de santé de la marine. L’oubli des offenses 1 n’était pas simplement naturel à sa générosité de caractère : il le
portait si loin, et rendait si sincèrement évangélique son pardon des ennemis, qu’il plaidait pour eux, souffrait par eux, payait en leur place.
Son attachement indéfectible à la foi catholique, sa prévoyante sollicitude pour la Papauté ne purent être surpassés par aucun membre de la sainte Église romaine. Dans son insouciance de la gloire personnelle, tandis qu’il négligeait d’écrire et d’imprimer, afin de transmettre à la postérité l’histoire de ses découvertes, il rédigeait tout exprès, cà l’intention du Souverain-Pontife, le récit de ses expéditions chrétiennes. Cette attention pieuse qu’il montre à l’égard du Saint-Père, il ne l’a point pour les Rois. Ce simple fait prouve une fois de plus combien peu les considérations humaines déterminaient ses résolutions. L’intime et brûlant désir qu’eut Colomb de délivrer le Saint-Sépulcre, de faire honorer le tombeau du Sauveur par toutes les nations de la terre, afin de servir ainsi la piété des chrétiens, autant que ses découvertes allaient servir les intérêts du christianisme et de la civilisation,
n est-il pas d'un véritable Héros de l’Évangile?
Ses nobles projets de Découvertes, ses conquêtes de l’inconnu, des vérités scientifiques n’altéraient en rien la
1 Voici simplement en quels termes cet admirable chrétien blâmait ceux qui entravaient ses expéditions. — « Qu’il plaise à Notre Seigneur d’oublier les personnes qui ont combattu et qui combattent une si excellente entreprise, et qui s’opposeraient à ce qu’elle fasse des progrès. » — Relation aux Rois catholiques sur le troisième voyage , traduction de MM. de Verneuil et de la Roquette.