ACTION DE LA PROVIDENCE DANS COLOMB
naïveté de sa dévotion à la sainte Vierge dont il aimait tendrement le culte, ni sa filiale piété envers saint François, le glorieux fondateur de l’Ordre qui lui avait prêté le premier abri et donné la première assistance. Si les témoignages de sa ferveur et de sa pureté ne ressortaient clairement de tous les faits de sa vie, ses familières relations avec les plus doctes et les plus édifiants religieux de son temps suffiraient à indiquer l’état de perfection dans lequel il demandait à Dieu la grâce de le servir.
Cet ensemble d’aspirations, de calculs désintéressés, d’entreprises chrétiennes, de pieuses actions, forme un tel concert qu’on ne saurait trouver engagé dans le siècle un autre chrétien aussi grand par la foi, la constance dans les épreuves, la résignation à la volonté suprême.
Ce qui démontre encore que le Révélateur du Globe n’était pas un homme seulement choisi pour la Découverte, mais qu’agréable aux yeux du Seigneur il cheminait d’un pas ferme dans la voie étroite, c’est que son œuvre accomplie, le secours de Dieu ne l’abandonne pas; au contraire. Les faveurs se multiplient avec les travaux du Hérault de la Croix. Plus il avance en âge, plus il avance en perfection. Plus aussi se fait sentir l’assistance miraculeuse. L’action coopératrice de la Providence n’est pas seulement sensible pour Colomb, elle devient manifeste à tous ceux qui l’observent avec des yeux faits pour la lumière. Mais à mesure que, fortifié par les épreuves et le secours invisible, il est devenu capable de supporter beaucoup, les tribulations lui sont départies avec une accablante largesse, multipliées et proportionnées à sa grandeur. Et cependant aucune plainte contre ses afflictions n’échappe au Hérault de la Croix. Sa capacité pour souffrir devient immense comme son amour. Sa sérénité d’esprit jusqu’à sa dernière heure, son calme angélique