‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 382 sur 444 · XI · texte numérisé non relu

XI

Au commencement d’avril 1495, Colomb visita pour la seconde fois à l’Espagnole la plaine royale la Vega real , où l’année précédente il s’était arrêté saisi d’admiration, bénissant Dieu publiquement à la tête de ses troupes, et le remerciant de lui avoir découvert de telles beautés1. Après la soumission de Guarionex, souverain de la contrée, l’Amiral avait obtenu, dans les conditions de paix, l’autorisation de construire une forteresse à l’entrée de ce magnifique pays. Voulant honorer le signe du Salut en ce lieu ravissant, il donna l’ordre au lieutenant de vaisseau, Alonzo de Valencia, de prendre une vingtaine d’hommes de corvée, et d’aller, avec cette escouade composée principalement de marins 2 et de charpentiers, abattre un arbre superbe qu’il avait choisi pour en former une Croix. Le tronc, parfaitement équarri , formait l’arbre de la Croix, et la plus grosse branche, mise en travers, représentait les bras. Elle pouvait avoir dix-huit ou vingt palmes de hauteur. Cette grande Croix, d'une élévation remarquable, fut plantée par l’Amiral sur une colline au pied des montagnes d’où la vue embrassait, avec un immense horizon, l’aspect le plus magnifique de cette magnifique plaine.

Colomb , appliquant son talent inné d’ingénieur à la construction d’une forteresse importante sous le rapport

1 Tome Ier, liv. II, chap. iii, p. 457.

2 « Mando a veinte y tantos hombres que fuesen â cortar un buen palo derecho y alto y bien heciio. Y los mas de aquellos âquien lo mando eran hombres de la mar. » — Oviedo y Valdez, la Historia natural u general de las Indias , lib, III, capit, v.

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