LES MIRACLES DE LA VRAIE CROIX
nir a la charge, pour essayer de la couper avec leurs haches en pierres aiguisées et les couteaux qu’ils s’étaient procurés dans leurs échanges avec les Castillans. Ils trouvèrent dans le bois une résistance inaccoutumée; ils remarquèrent qu’aussitôt quils en avaient enlevé un morceau, le vide se remplissait1, et pour eux le travail était à recommencer. L’acharnement de leur obstination céda devant ce nouveau prodige. Se rappelant que leur multitude avait été impuissante non-seulement à renverser la Croix, mais à la faire remuer, voyant les chrétiens témoigner leur vénération à ce signe, dorénavant ils se prosternèrent aussi à son aspect2.
A ces prodiges s’en ajoutait un autre permanent, visible pour tous, dont l’évidence s’accroissait avec chaque année ; celui de la conservation parfaite de ce bois desséché, qui, sans être revêtu d’aucune couche de goudron, d’aucun enduit chimique résistait à l’action de l’humidité et de la chaleur extrême, qui est si rapide dans ce climat, et amène si promptement la destruction. Cette Croix n’était ni fendue, ni déjetée, ni attaquée par les insectes. On eût dit qu’elle venait d être élevée à l’instant. Cinquante-huit ans apres sa plantation, la vraie Croix était encore aussi intacte qu au premier jour. Une autre merveille frappait surtout les habitants du pays de la Conception, c’était de voir debout, respectée des ouragans et des trombes3, cette
1 Le P. Charlevoix, Histoire de Saint-Domingue , t. I, liv. VI, p. 479.
* « Y accordandôse que aquella al U hincada no eran bastantes tantos hombres à la menear ni quitar de aquel lugar, la mira van con aeatamiento y respecto y se humillavan â el la de ay adelante. » — Oviedo y Valdez, la Historia natural y general de las Indias , lib. 111, cap. v.
3 « Assi por sus miraglos como porque en tanto tiempo como estuvo 3escubierta, jamas se pudriô ni cayô, por ninguna tormenta de agua ni nento. » — Oviedo y Valdez, la Historia natural y general de las Indias , lib, III, cap. v.