INFLUENCE DE LA VRAIE CROIX
Croix, alors que les arbres voisins, les maisons des alentours avaient été arrachés et renversés.
Le récit de ces prodiges, la vue des guérisons miraculeuses attiraient près de la vraie Croix un grand concours de colons. On invoquait la vraie Croix, et Ton s’y rendait en pèlerinage. Beaucoup, vérifiant le prodige du renouvellement du bois, en enlevaient avec des couteaux des parcelles : c’était chaque jour de nouvelles entailles. Cependant la piété, bien plus que la curiosité, inspirait ces religieux larcins. On plaçait ces parcelles de la vraie Croix dans des reliquaires, et l’on en portait dans les autres lieux de l’Espagnole, dans les colonies du Nouveau Monde, et même en Castille. « Dieu fit pour autoriser et montrer qu’il agréait la piété des fidèles ce qu’il avait fait pour confondre la sacrilège entreprise des Indiens. On eut beau couper la croix pendant bien des années, elle ne diminua point C »
Un tel miracle si permanent, des guérisons si nombreuses, une affluence si continuelle à la Conception, donnèrent à 1a, renommée de la vraie Croix une notoriété immense. Comme l’humaine faiblesse se montre partout où il y a des hommes, il paraît que certains clercs, exploitant la piété des fidèles , recevaient de nombreuses offrandes destinées à la vraie Croix, mais ne les appliquaient point, suivant l’intention des pèlerins et des malades. L’empereur Charles-Quint ayant été instruit de cet abus, fit ordonner au trésorier de l’évêque de la Conception d’avoir le soin d’employer les sommes données à l’intention de la très-sainte Croix, suivant leur destination indiquée, car il savait qu'on n’en usait pas ainsi. Dans l’année 1525, Charles-Quint , pour honorer aussi à son
1 Le P. Charlevoix, Histoire de Saint-Domingue, t. !, liv. VI, p. 480.