CHAR LES-QUINT LA SIGNALE AU PAPE
tour la très-sainte Croix, ordonna de prélever pendant quati e années, une somme de vingt mille maravédis sur le montant des amendes encaissées au profit de la Chambre royale, pour contribuer personnellement à orner remplacement de LA TRÈS-SAINTE CROIX, LA SANTlSIMA CrUZ, et le mieux approprier au respect et à la dévotion qui lui étaient dus1.
Les miracles opérés par la vraie Croix se multipliant et la rendant de plus en plus célèbre, l’Espagne s’émut de prodiges tant avérés. L’Empereur en écrivit au Saint- Père, le priant de vouloir bien autoriser la dévotion des fidèles à cette Croix, et accorder quelques indulgences à ceux qui y viendraient en pèlerinage et feraient quelque offrande à son intention2.
Mais comme le Héraut de la Croix n’était point nommé dans la dépêche impériale; qu’elle parlait seulement d’une Croix qu’on avait plantée près de la Conception, le souverain Pontife, dans sa prudence, ne s’empressa point de déférer au vœu de l’Empereur. Le Saint-Siège et les théologiens en général n’accordent pas grande confiance aux prodiges du on. Cette puissance, qu’avouent et qu’invoquent si volontiers les philosophes allemands, les rationalistes, on, qui fut si fort en crédit chez les écrivains du dix-huitième siècle, n’est pas encore devenu une autorité
1 « Su majestad mande que de lo de las penas applicadas â su camara, le diesse de lismona veinte mil maravédis, en cada aîios, por cuatro anos, para ayuda à que el lugar donde estava la Santissima Cruz, se tuviese con mas decencia y devocion. » — Herrera, Historia general de las Indias occidentales. Decada ni, lib. VIII, cap. x,
2 « Supplicô al Papa que para conservai” y acreccntar la devocion de lieles Cristianos, concediese alguna indulgencia para los que la visitassen y ofreciessen alguna lismona. » — Herrera, Historia general de las Indias occidentales. Decada iij, lib. YJI1, cap. x.