BOULEVERSEMENT DE LA COLONIE ESPAGNOLE
ii bien que les pauvres gens avaient à peine de quoi courrir leur nudité, ce qui obligea dans les grosses bourgades dire une messe pendant la nuit, afin que ces infortunés hrétiens fussent couverts par les ténèbres et n’eussent >as à rougir les uns des autres1.
Au milieu du désordre et du malaise d’une telle situaion , sous 1 imminence d’une invasion des aventuriers nglais, français et hollandais qui formaient des établisse— aents ça et la suivant leur convenance, malgré les colons mpuissants à s y opposer, les communications de l’intéieur de file avec la capitale devinrent intermittentes, 'uis interrompues. Il n’est pas fort étrange que dans une ontrée ruinée, bouleversée et terrifiée on ait ignoré ce ui advint de la vraie Croix , miraculeusement préserée et préservatrice, quand à Saint-Domingue la sépulure de Colomb elle-même était complètement oubliée.
Nous ne trouvons pas étonnant que les rapports exilants entre la mission de Colomb et la Croix qu’il avait lantée soient, restés inaperçus, par les hommes qui peraient de vue jusqu’au rapport existant entre Colomb et i Découverte ; et qui, de très-bonne foi, parlaient de sa découverte, au pluriel, comme ils parlaient de sa Croix liraculeuse2. Qui eût osé sous l’administration d’Ovando appeler le nom de Christophe Colomb, à propos des mirâtes de cette Croix? Ensuite la modestie de son succes- 3ur don Diego, les embarras que lui suscitaient les haines éréditaires avec lesquelles il se trouvait aux prises, la rainte de prêter aux calomnies de ses vigilants dénoncia-
1 Le P. Charlevoix, Histoire de Saint-Domingue. Année 1 GOG.
2 Le continuateur de la Chronique de Hernando de Pulgar, maître allés, Gomara, Mariana, etc., etc., etc., attribuent la Découverte à un connu, à plusieurs anonymes. Ils en parlent au pluriel, plutôt que d’en ire honneur à Colomb.