SYMPATHIE DU CLERGÉ POUR COLOMB
fin de ce monde, un autre homme pourrait exécuter une œuvre aussi colossale. Il n’est pas moins évident aussi que l’Église seule, c’est-à-dire le Clergé à tous les degrés de la hiérarchie, dans la complète représentation de ses pouvoirs et de ses dignités , concourut à l’accomplissement de la Découverte. Le Clergé seul crut à Colomb, alors que de toute sa pesanteur la science l’accablait de ses objections et de ses dédains.
Par un effet instinctif des rapports qui unissaient aux destinées du Catholicisme le cœur sacerdotal et le génie apostolique de Colomb, le Clergé, qui avait été le protecteur de ses idées, fut le consolateur de ses infortunes et resta le défenseur de sa gloire. On dirait que, devançant son époque , le Clergé sentait que la cause de ce laïque était la sienne propre , et qu’en le justifiant il s’honorait lui-même. En effet, la vie de Colomb fait resplendir irréfragablement la supériorité du Catholicisme ; car on trouve en lui le contact du surnaturel avec l’homme. Véritablement, sans le secours de la Grâce, on ne saurait expliquer la Découverte, puisqu'il est admis que le Révélateur du Globe ne possédait aucune connaissance supérieure à son siècle, aucun moyen nautique dont n’eussent disposé avant lui les hommes de mer.
En outre, sa vie semble justifier d’avance la Papauté des accusations élevées contre elle par les encyclopédistes, au sujet de son aversion des lumières et de ses prétendues persécutions contre Galilée. La rotation de la Terre sur son axe n’était ni plus embarrassante, ni plus compromettante pour l’orthodoxie que la sphéricité du Globe, admise en principe et en fait par le Pape Alexandre VI. La théorie de la sphéricité devait nécessairement conduire au système de la rotation terrestre.
Du haut de son infaillibilité, la Papauté avait, des le
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