‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 408 sur 444 · SON CHATIMENT · texte numérisé non relu

SON CHATIMENT

son règne : le cardinal d’Espagne don Pedro Gonzalez de Mendozza, Christophe Colomb, Gonsalve de Cordoue, la reine Isabelle, le duc d’Albe, l’archevêque de Grenade et 1 admirable cardinal Ximenès de Cisneros.

Il trouva son châtiment dans les désirs de son propre cœur. Le vieux Ferdinand aspirait à l’amour, alors qu’il ne pouvait phs même inspirer la confiance et trouver l’amitié. Bravant l’opinion des cours, le sentiment des peuples, l’image encore partout vivante de la Reine adorée qui l’honora d’une affection dont il n’était pas digne, cet habile calculateur attacha aveuglément le sort de sa vieillesse aux caprices d’une princesse de dix-huit ans, exigeante et frivole, Germaine de Foix. Peu après, il devait chercher dans le travail un soulagement aux ennuis domestiques. Le rusé souverain n’avait eu qu'un but, celui de fonder la plus puissante monarchie de l’Europe, afin d immortaliser son nom. Et il voyait le sceptre, près d’échapper à sa main caduque, passer au fils de son ennemi 1 ! Où étaient venu aboutir de si longues prévisions, tant d’efforts et de ruses diplomatiques! Ferdinand ne pouvait sans trouble revenir sur son passé ni sans tremblement envisager l’avenir.

L’option étant donnée entre les infortunes de Colomb et le succès de ses ennemis, tout homme raisonnable ne préférerait-il pas encore ses souffrances au triomphe décevant de ses persécuteurs? Comme nous l’avions annoncé au début de ce livre, on voit qu’en effet la vie de Colomb renferme, en tous points, une haute leçon pour la philosophie de l’histoire.

1 Le jeune prince Charles, son rejeton, enfant d’une fille qu’il n’aimait pas, et d’un gendre qu’il abhorrait : dona Juana, la folle, et l’archiduc Philippe le Beau.

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