SES INSTANCES INUTILES PRÈS DU ROI
voulait pas consentir à le livrer au tombeau. Dans son deuil inconsolable, elle se retira à Hornillos, refusant do se prêter plus longtemps aux devoirs de la royauté. La situation mentale de la Reine lui rendant impossible le gouvernement de ses États, les villes, à l’instigation du duc d’Albe, malgré leur désaffection et leur mésestime du Roi, lui envoyèrent des adresses pour le prier de revenir prendre les rênes du gouvernement.
Dès que le Catholique fut revenu de Naples, don Diego ne cessa de renouveler ses instances et ses prières ; lui rappelant les bonnes paroles de ses lettres, les espérances qu’il lui avait données et la légitimité de son droit. Ferdinand répliquait toujours avec mesure et politesse, mais ne statuait jamais. Enfin, lassé de ces éternels pourparlers qui se terminaient inévitablement sans conclusion, don Diego, un jour, faisant breche a l’étiquette royalo qui interdit toute question directe et même toute forme interrogatoire dans le langage tenu au souverain, osa demander pourquoi Son Altesse ne lui faisait pas la grâce de lui accorder, au moins comme une faveur, ce qui lui appartenait de plein droit, à lui qui devait la servir si fidèlement, ayant été élevé presque sous ses yeux dans la maison royale. Sans s’offenser de la question, Ferdinand lui répondit qu’assurément il avait pleine confiance en lui, mais qu’il ne pouvait en avoir une semblable dans ses fils et successeurs. Don Diego se permit de répliquer au Roi qu’il ne lui paraissait pas très-juste de le punir, dès à présent, pour les fautes que pourraient commettre des descendants et successeurs qu’il n’aurait peut-être jamais étant encore célibataire.
A la suite de nouvelles demandes également infruc-
1 « El Rey le respondiô que del bien lo confiaria, pero no lo hazia fixo por sus hijos y sucessores. A îo cual replieô el Almirante que no