‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 414 sur 444 · LE PARTI DU ROI A SAINT-DOMINGUE · texte numérisé non relu

LE PARTI DU ROI A SAINT-DOMINGUE

Ces gens-là dénaturaient tous les actes du nouveau gouverneur, calomniant ses intentions, et se donnaient les airs de défendre les intérêts du roi et de la Castille contre F usurpation de l’Amiral don Diego, ce fils d’un étranger. Us formèrent, sous les auspices de Passamonte, un parti qui s’appelait insolemment lui-même le parti du roi. La vanité eut plus de part que le royalisme à cette faction. Les colons enrichis se considéraient comme les premiers de l’île, ils singeaient les Riccos Hombres . L’arrivée de la Vice-Reine, qui tenait un état vraiment royal avec ses dames et demoiselles d’honneur, ses gentilshommes, les officiers de l’Amiral en changeant les habitudes jusque-là un peu rudes et parfois violentes de Saint-Domingue, fit disparaître l’importance et la grandeur des cadets enrichis. De là, leur haine.

La cour de la Vice-Reine devint l’ objet de l’admiration de l’île. Don Diego agissait en sa qualité de gouverneur général et avec toute la dignité d’un Vice-Roi. Rien que ce dernier titre ne lui lût pas reconnu de Ferdinand, il ne le possédait pas moins par droit d’hérédité, et sa petite cour ne manquait pas de le lui donner en toute occasion. Les , hidalgos du parti du Roi se trouvaient complètement effacés, en dépit de leur or et de leurs rodomontades. Se réunissant aux anciens ennemis de Christophe Colomb, ils continuèrent sur son fils leur persécution du père. Des plaintes et des mémoires partaient clandestinement pour Séville. Juan de Fonseca et Lopez de Conchillos étaient servis à souhait dans leur rancune.

Sans tenir plus compte des droits de don Diego que si aucun traité n’eût assuré les privilèges de son père, le Bureau des colonies avait créé, à son insu, deux gouvernements sur le Nouveau Continent : la Nouvelle-Andalousie qui fut confiée à la créature de Fonseca, l’intrépide ban-

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