JÔ INTRIGUES CONTRE DIEGO COLOMB
dit Alonzo de Ojeda, et la Castille d’Or que l’on remit à l’inexpérience de Diego de Nicuesa.
Par suite des plaintes réitérées contre l’administration de 1 Amiral, le lîoi établit à Saint-Domingue, en 1510, une Cour souveraine, sous le titre d’Audience royale, par devant laquelle on pouvait faire appel de tous les jugements rendus par l’Amiral. C’était ajouter l’humiliation à l’injustice. Don Diego comme son père supporta patiemment cette iniquité.
Cependant l’animosité de ses ennemis redoubla si activement que son oncle l’Adelantado crut devoir retourner en Castille, pour essayer d atténuer un peu auprès du Roi l’influence des bureaux de Séville, et de faire agir les parents de sa nièce dona Maria de Tolède. Dansée cours de la même année, don Diego entreprit la conquête
de Cuba, qu’il eut le bonheur d’accomplir sans effusion de sang.
Les plaintes des partisans de Michel Passamonte ne discontinuant pas d’arriver à Séville, en 1512, le Roi Ferdinand renvoya l’Adelantado vers son neveu, porteur d’instructions nouvelles restreignant encore ses pouvoirs déjà trop limités.
Malgré sa bonne conscience, la prudence de ses mesures, l’ascendant de la Vice-Reine sur la portion la plus estimable de la colonie, voyant que, d’année en année, les bureaux de Séville tendaient à le déposséder de tous ses droits, don Diego demanda et obtint la permission de passer en Castille pour se justifier. II partit le 15 avril en 1515.
Fidèle à son système, le vieux Ferdinand accueillit d’autant plus gracieusement l’Amiral des Indes qu’il était le mari de sa nièce ; d’ailleurs ses entreprises avaient été heureuses généralement. Il avait fondé la colonisation de
FERDINAND RECONNAIT l/INNOCENCE DE DIEGO. 519
Cuba et de la Jamaïque, établi une pêcherie de perles à Cubaga. L’origine de l’animosité de ses ennemis n’avait d autre cause que la protection qu’il accordait aux indigènes. Le Roi, forcé de reconnaître son innocence, ordonna que toutes les actions civiles intentées contre lui fussent discontinuées; il voulut examiner par lui-même les pièces de tous ces procès. Néanmoins il refusa de lui accorder la part qu il réclamait, d’après ses droits, dans les profits tirés des nouvelles colonies du Darien et de la Castille d’Or. Avant la fin des instances de l’Amiral auprès du Roi Catholique, celui-ci mourut.
Don Diego fut obligé d’attendre l’arrivée du nouveau Roi, alors dans les Flandres, le jeune prince Charles, qui devint l’empereur Charles-Quint. U lui fallut supporter quatre ans d’attente et de sollicitations avant de pouvoir obtenir, en 1520, une décision de son souverain, qui déclarait son innocence et le remettait dans ses droits. Toutefois, les Rureauxdes colonies réussirent à maintenir à l’Espagnole le trésorier Passamonte, leur émissaire, et à faire créer un Surintendant du Conseil, qui pouvait verbaliser et informer contre l’Amiral à l’Audience royale, sans avoir, à son égard, aucun moyen de force exécutive.
En septembre 1520, l’Amiral repassa la mer, et arriva au siège de son gouvernement. Durant son absence, de graves abus s’étaient commis dans l’administration ; il voulut y porter remède, éclaircir les comptes. De là, nouvelles inimitiés. Sa lutte, courageusement entreprise contre ces obstacles, consuma près de trois années d’efforts. Pendant ce temps, plusieurs fois il reçut du Conseil des Indes, à Séville, des lettres dures autant qu’injustes. En 1523, à la suite d’un mémoire adressé par Michel de Passamonte , des admonestations pénibles lui furent envoyées; et, peu après, le Conseil lui écrivit de revenir