L’ABBÉ DON DIEGO COLOMB
sa force physique , si chevaleresquement prouvée durant les revers de la dernière expédition au Rio-Belen, près de la Veragua, et à Maïmi, dans la Jamaïque, pendant la révolte de la coterie de Séville, que seul il avait détruite de son épée. Le Roi l'admira et le craignit. Quant à lui, il parut ne craindre, après Dieu, que le manquement au devoir. 11 fit docilement la volonté de son frère tant qu’il vécut, et, fidèle à son affection par-delà le tombeau, ne cessa de porter à ses neveux un attachement paternel.
L’abbé don Diego Colomb , entré dans l’Église à la suite d’une vocation éprouvée, avait aussi accompagné son neveu à l’Espagnole, comme s’il eût prévu qu’il lui deviendrait nécessaire. Mis par la bienveillance de la Reine à portée de toutes les dignités ecclésiastiques, il n’accepta aucun titre, aucun bénéfice, et servit fidèlement le maître pour lequel il avait quitté le monde. Ayant autrefois administré Vile pendant l’absence du Vice-Roi, et avant l’arrivée de don Barthélemy, en 1494, il se rendit de nouveau utile durant l’absence de son neveu. Après la mort de l’Adelantado, il dut diriger le gouvernement colonial et protéger la Vice-Reine, sa nièce. Mais, profitant du retour de l’amiral don Diego, il paraît avoir quitté la ville de Saint-Domingue, pour suivre ensuite son goût de la retraite et de la vie obscure.
L’histoire le perd de vue complètement. Il n’est nullement question de lui, lors du retour de la Vice-Reine en Espagne. On a lieu de croire que le pieux abbé don Diego Colomb s’était retiré à la Conception , près de la Croix plantée par son frère -, car s’il fût décédé à Saint- Domingue, dans la résidence de son neveu, l’époque de sa mort aurait été rapportée. Cette retraite dans un lieu qu’affectionnait le Révélateur du Globe, pour lequel il