FAVEUR DE D. FERNANDO AUPRÈS DE CHAR LES-QU I NT
sence du célèbre Sébastien Cabot. Pour mieux marquer la considération accordée à don Fernando, et peut-être à cause de la gratuité de ses fonctions temporaires, FEmpereur ordonna que les examens pour tous les grades auraient lieu non-seulement en sa présence, mais dans sa propre maison1, afin de lui épargner tout dérangement; et décida qu’aucun brevet ne pourrait être délivré que sur son autorisation, tant qu’il se trouverait à Séville.
L’empereur Charles-Quint aurait désiré l’avoir toujours près de lui. Aucune offre ne parvint à séduire la résolution de Fernando, qui voulait suivre son plan d’utilité chrétienne. Il abdiqua volontairement cette haute position de faveur dans laquelle la bienveillance impériale se plaisait à le maintenir; et se fixa définitivement à Séville, où fréquemment l’appelaient de nouvelles occasions de servir la couronne et la science, par l’application de ses connaissances techniques. Dans le choix de cette résidence, don Fernando semblerait avoir voulu se venger de Séville par un procédé bien digne de son père, que poursuivait au delà du tombeau cette cité calomniatrice.
Voici de quelle façon il combina sa vengeance.
Durant son voyage dans les Flandres à la suite de Charles-Quint, le fils de Christophe Colomb s’était mis en rapport avec des théologiens, des docteurs en droit renommés. Il imagina de former avec ces hommes d’étude et de piété une sorte de communauté libre, dans laquelle les sympathies remplaceraient les vœux, et qui servirait l’Église en même temps que l’Espagne, en répandant les bonnes lettres et en donnant à Séville, jusque-là
1 <( Se ordenô que el examen y desputas se hiziessen en presen-
cia de don Hernando Colon y en su casa ; y que no pudiesen dar el grado, sin su aprobacion, liallandose en la ciudad de Sevilla. » — Herrera, Historia general de las Indias occidentales. Decada iv, lib. II, cap. v.
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