CONFIANCE DE COLOMD EN CARVAJAL
ques-uns des rebelles réunis à Bonao. Nonobstant la gravité de ces présomptions, Colomb ne mit pas en question la loyauté de Carvajal. Loin d’ecouter son entourage, qui l’engageait à ne plus l’employer, l’Amiral, ayant discerne la noblesse de caractère de cet hidalgo, s adressa généreusement à sa franchise; lui lit part de ses impressions personnelles malgré l’accusation des apparences, et le char-
gea de poursuivre la négociation commencée.
Carvajal de nouveau fut donc envoyé aux rebelles; mais ceux-ci, d’autant plus altiers qu’ils sentaient la 1 ai— blesse du gouvernement, ne voulurent point l’entendre, bien qu’il fût le commissaire de leur choix; par cela, disaient-ils, qu’il se présentait sans ni mener les prisonniers indiens , condition première de leur soumission. Carvajal obtint pourtant, à cause de ses rapports antérieurs, de conférer avec les chef de ces bandes brutales. Il remit à Roldan une lettre de l’Amiral, où son âme se reflétait dans un style clair et, simple comme son cœur.
Nous aimons à la rapporter en entier :
u Cher ami, mon premier soin en arrivant dans cette « capitale, après avoir embrassé mon frère, fut de déniante der de vos nouvelles. Vous ne sauriez douter qu’après te ma famille, vous n’ayez depuis longtemps occupé la « principale place dans mon cœur ; et j ai toujours telle— a ment compté sur le vôtre, qu’il n’est rien dont je ne me « fusse entièrement reposé sur vous. Jugez par là de ma te douleur en apprenant que vous étiez brouillé avec les « personnes du monde qui me touchent de plus près, et a me doivent être les plus chères. On me consola néan- « moins, en me disant que vous attendiez mon retour « avec ardeur; je me flattai alors que vos premiers senti- <( ments à mon égard n’étaient point changés; et je m’at- <i tendais qu’aussitôt que vous sauriez mon arrivée, vous