SYMPATHIES FRANÇAISES
de l’auguste Mécène qui nous a conservé la Rabida. Il est des dévouements sacrés, des fidélités de cœur qui élèvent les hommes encore plus haut que le talent, autorisent des rapprochements glorieux et méritent la durée de l’histoire.
§ iv.
Force est de le reconnaître : généralement les femmes, même en France, pays de la justice et des généreux enthousiasmes, ne prennent aucun intérêt à Colomb. Sa mémoire reste privée de leur sympathie comme sa vie le fut des soins consolants du foyer domestique. Cette insouciance provient, sans doute, de ce que les femmes catholiques n’ont jamais lu encore une fidèle biographie de ce héros du Catholicisme-, et tandis qu’elles s’apitoient sur quelques marins vulgaires, dont l’histoire abrégée des naufrages leur raconte les malheurs, elles ignorent l’infortune du premier navigateur du Globe.
A Paris, seule une Femme a manifesté pour la gloire de Colomb une bienveillance mêlée de respect et de piété. Cette noble Femme, unique par sa générosité de sympathie comme par la grandeur morale, le prestige des grâces et la suprématie du rang, nous ne la nommerons pas dans cette page; notre plume ne trouvant point, parmi son sexe, d’autres noms qui aient mérité d’avoir l’honneur de lui faire cortège, en cette occasion.
Depuis le commencement du siècle, les intelligences d’élite se sont montrées assez favorables à Colomb. Malgré les préventions répandues sur sa mémoire, la grandeur de ses services et le lyrisme de ses malheurs lui ont conquis presque généralement les admirations de la littérature française. Parmi les auteurs qui ont le mieux apprécié le
sympathies françaises.
Révélateur du Globe, nous devons nommer surtout l’ilus re M Guizot, qu’on peut justement appeler le Régent Je la philosophie politique, le Précepteur des historiens moi et nés et le Maître des écrivains de notre temps; M. de a vandy ancien Ambassadeur en Espagne, M. de Louri oueix, directeur de la Gazette de France, M. Henry de Riancey, M, Georges Gandy, le baron Gaston de Flotte,
! ‘ ,,U1S Il0che> rédacteur du Moniteur officiel, M. Bar- Jey d Aurevilly, le comte Gustave de Saffray, M. l’Abbé adoret, Aumônier en chef adjoint de la marine, M. Gaul- <er de Claubry et M. Ferdinand Denis que sa vaste érudi- Jon, son attachement à la mémoire de Colomb et aux intérêts de 1 Amérique ont rendu populaire parmi les principales notabilités du Nouveau-Monde.
Au dehors, peu de véritable bienveillance pour Colomb se rencontre chez les hommes du monde élégant.
En France, comme partout ailleurs, c’est encore le c erge qui porte à la renommée de Colomb l’intérêt le plus sincère. Sa mémoire a eu ce bonheur que les deux premiers orateurs sacrés de notre époque, deux religieux, aient d’abord été ses premiers amis. Ces deux religieux
sont, on le devine, le P. Ventura de Raulica et le P. Henri- Dominique Lacordaire.
Lorsque le R. P. Lacordaire nous entretenait de cette histoire, nous nous rappelions le charitable intérêt que ses ' ères, les Dominicains de Salamanque, avaient montré à Colomb inconnu. Nous songions à l’éclat dont sa prestigieuse parole fera, peut-être, un jour resplendir l’hôte des Dominicains, quand venant à résumer sa vie, il montrera le prodige divin chez cet homme plus fort que le temps. Dans son zèle pour l’Église, la gloire de l’Italie,
1 amitié dont il nous honore, l’illustre Père Ventura de Raulica s est lait un devoir d’annoncer, le premier à ses