RAPPORT DE COLOMB AUX ROIS
certains joyaux d’or qu’il s’était procurés dans le Nouveau Continent. Colomb priait les Rois de remarquer que ces perles étaient les premières qui fussent arrivées de l’Occident. Il se proposait de faire continuer ses découvertes de la Terre ferme par don Barthélemy, avec trois navires, dès que la présence de l’Adelantado et celle des équipages ne serait plus nécessaire à l’Espagnole à cause des troubles excités parRoldan.
L’Amiral, dans un rapport particulier sur les affaires de la colonie, exposait sous leur triste réalité les événements survenus pendant son absence. Il disait que malgré que tout parût perdu, parce qu’au milieu des troubles et des factions l’on ne cultivait plus *, parce que l’on avait
cessé de payer les impôts ; parce que le libertinage des Espagnols rebelles, vivant sans foi ni lois, tyrannisant les Indiens, les volant, leur dérobant leurs femmes, les tuant même par pur caprice , influait pernicieusement sur les Castillans demeurés fidèles; lesquels, pour être moins cruels, n’en étaient pas moins des lâches et des
paresseux, sans crainte de Dieu, vivant avec leurs concubines et ayant chacun deux ou trois Indiens pour domestiques; cependant les choses pourraient se remettre en état, si la protection des Rois, arrêtant les effets de l’envie contre ses entreprises, messieurs des bureaux de la marine s’abstenaient de diffamer les Indes, de retarder 1 expédition de toutes les affaires et l’envoi des navires comme ils l'avaient fait pour le départ de son escadre: retard qui avait si grièvement préjudicié à la colonie pendant son absence. C’était d’ailleurs de Séville qu’avait été porté aux Indes le ferment de tous ces désordres.
L’Amiral, après avoir si sincèrement déclaré le mal et sa source, indiquait comment il y porterait remède.
il devait proroger d’une ou deux années encore la