G 2 REMÈDES INDIQUÉS PAR COLOMB
faculté accordée aux colons d’employer à leur service des indigènes faits prisonniers de guerre. A l’exception des vêtements, des équipements et du vin qu’il faudrait apporter d’Espagne, le reste des objets nécessaires à la vie serait tiré du sol ; il préparait, par le travail des indigènes, de grandes récoltes de cassave, aliment auquel les Castillans étaient déjà habitués. Les patates, des racines variées connues sous le nom générique d ajès , abondaient dans toutes les localités. Les rivières étaient en grand nombre et fort poissonneuses-, les poules, les cochons se multipliaient promptement. Des utias plus succulents que les lapins y pullulaient à ce point qu’un seul chien, conduit par un domestique, en prenait de quinze à vingt par jour. Les subsistances étaient assurées; il ne resterait plus qu’à obtenir que les chrétiens vécussent comme tels.
Pour cela, il se proposait de renvoyer à chaque départ des caravelles pour la Castille, cinquante de ces esprits vicieux et indomptables, qui seraient remplacés par un nombre égal de cultivateurs honnêtes. En même temps on amènerait d’Espagne des religieux de mérite pour travailler à la conversion des Indiens; et particulièrement à la réforme des inclinations vicieuses des chrétiens indignes de ce nom1. Mais, pour faciliter la mission spirituelle de ces religieux, il demandait qu’on envoyât un Juge habile, versé dans la science du droit et déjà exercé à rendre la justice, sans laquelle, disait-il, les religieux obtiendraient peu de fruit. 11 insistait pour avoir un juge qui fût Espagnol, parce que les mécontents se plai—
1 « Que vengan religiosos de virtud asi para la con\eision de los islcnos, como principal mente para la reforma de las costumbies estiagadas de los Espafioles. » — Muîioz, Jlistoria del JS uevo Muiido ;
lib. Yl, § 44.