G LE CAP DU SABLE
au midi pendant cinq lieues; ayant alors rencontré un mouillage, il s’y arrêta. On remplit d eau une barrique.
Le lendemain, 1er août 1498, on remit à la voile et l’on suivit la côte pour chercher un port afin d’y radouber un navire, de réparer les tonneaux, de remplir les futailles et de se procurer des vivres. En arrivant à un promontoire que l’Amiral nomma « le Cap du Sable », on vit un port commode , et les équipages descendirent a terre pour se délasser de leurs fatigues. Ils trouvèrent des empreintes de pas humains, des filets, des ustensiles de pêche, mais n’aperçurent personne. Ils remarquèrent aussi de nombreuses traces d’animaux à pieds fourchus, et pourtant ils n’en virent qu’un seul, encore était-il mort. C’était une espèce de daims fort commune dans cette île. Suivant son invariable habitude , Colomb lit planter une Croix très-élevée sur le rivage , où il glorifia le nom de Jésus-Christ. Cette circonstance, omise par Las Casas et le curé de Los Palacios, résulte des propres termes de l’Amiral dans sa relation aux Rois catholiques h
Le lendemain, arriva de l’Est une embarcation montée par vingt-quatre hommes tous jeunes, armes darcs, de flèches, ayant chacun leur bouclier ; la tête couverte d’un mouchoir de coton peint de diverses couleurs , et portant aussi un pareil tissu autour des reins en forme de petit jupon. Ils avaient les cheveux noirs , longs et taillés presqu’à la mode d’Espagne. Leur peau était plus blanche que celle des insulaires qu’ on avait déjà rencontrés. Lorsque le canot fut à portée de la voix, les rameurs s’arrêtèrent et hélèrent la caravelle de l’Amiral, où personne ne comprit leurs paroles. L’Amiral leur fit signe d’arriver. La
1 « Y en todo cabo mando plantar una alta cruz, y a toda la gente que hallo notifico, etc. * Relation du troisième voyage adressée aux Rois catholiques .