‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 6 sur 444 · APPARITION D’INSULAIRES · texte numérisé non relu

APPARITION D’INSULAIRES

défiance paraissait les retenir. Pendant plus de deux heures, ils furent en observation; parfois s approchant pour examiner les miroirs, les bassins de métal, les cuirasses reluisantes et autres objets brillants qu on étalait afin de les attirer; puis tout à coup s’éloignant de nouveau au moment où ils étaient le plus rapproches. L Amiral, voulant les gagner par l’attrait d’un gai spectacle, réunit sur le gaillard d’avant tous les jeunes matelots pour les faire danser au son de la flûte et du tambourin. Mais dès que les Indiens virent exécuter les premiers pas, déposant aussitôt leurs avirons, ils passèrent au bras leurs boucliers, saisirent leurs arcs et commencèrent l’attaque. D’après leur habitude d’entrer en campagne par une danse de guerre, ils avaient vu, dans ce joyeux exercice des étrangers , un prélude hostile , et ils acceptaient le prétendu défi. A cette brusque agression, l’Amiral répondit par deux coups d’arbalète, ce qui suffit pour modérer l’ardeur des assaillants. Ils allèrent se ranger sous la poupe de la caravelle voisine, dont le pilote descendit bravement dans leur canot, donna une casaque et un bonnet écarlate à celui qui lui parut le chef. Ils lui firent signe de venir à terre, qu’on lui donnerait tout ce qu’il voudrait; et s’en allèrent l’attendre au rivage. Le pilote, n’osant s’y rendre sans en avoir obtenu la permission de l’Amiral, passa à son bord pour la demander. Dès que ces gens-là le virent monter sur le navire où Ton avait dansé, soupçonnant quelque trahison, ils se jetèrent dans leur canot et s’enfuirent à toutes rames \

En avançant, l’Amiral remarqua, entre l’ île de la Trinité et une terre voisine, qu’il prit pour une île, un courant violent, accompagné d’un bruit jusque-là inconnu,

1 Christophe Colomb, Relation du troisième voyage adressée aux Rois catholiques .

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